Mon amour, les papillons nous quittent.

Mon regard s’étend sur les papillons qui s’envolent doucement, jusqu’à ce que je ne les sente plus toucher ma peau. Je redoutais ce moment, tremblante à l’idée de m’en séparer. Je croyais depuis toujours qu’ils devaient rester, que sans eux, la magie disparaissait pour ne laisser que des poussières ternes.

Et maintenant, la vie m’apprend une des plus belles choses et me montre que j’ai tord sur toute la ligne. Aucun livre ne raconte que la vraie magie s’installe lorsque les papillons nous quittent.

Septembre

Tenir ta main pour la première fois, les rendez-vous romantiques, s’ennuyer de l’autre, les regards gênés, les sourires timides, les papillons au ventre.

La passion flâne partout dans le corps. On s’enflamme au moindre « je t’aime » et on s’accroche aussi fort que possible aux souvenirs que l’on se crée, jour après jour. On inspire différemment, tentant d’absorber les mots doux et les heures qui passent. On se perd, l’inconnu nous avale, mais on s’y plait, on s’y sent rose et légère.

Et puis doucement, on s’évapore dans l’horloge qui tourne. Dans cette tempête, on devient plus lourde de nos amours moins passionnels, on s’en effraie.

Ce qu’on ignore, c’est qu’on s’éloigne aussi des inquiétudes et des peurs qui peuvent nous ronger lorsqu’on se connait à peine. On cacherait nos défauts sous du béton pour ne pas le faire fuir, on n’oserait pas lui demander si demain il nous tiendra encore très fort ou si si ses yeux n’en auront encore que pour les nôtres. On veut se présenter sous notre meilleur jour, même à minuit un jeudi soir. Et dans cette tempête d’émotions, on s’impatiente finalement de trouver un confort qui bercera nos cœurs.

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Photo by Aperture Vintage on Unsplash

Quelques pages plus loin

Mon amour, je m’amuse à regarder notre automne avec nostalgie, mais je n’envie plus ce que je vois derrière la fenêtre. Je le garde précieusement au creux de ma vie, je m’en nourris et m’en inspire.

Mon amour, nous brûlons plus doucement depuis ce temps. Tes mains devenues plus solides dans les miennes, ton regard plus confiant, perçant le mien, je n’échangerais jamais la complicité qui nous traverse, ta façon de me rendre belle par les sourires que tu m’offres du soir au matin. Je n’imagine plus mes jours sans toutes les coutures que je connais de toi, tes rires et nos délires. Je nous aime pour toutes les pizzas mangées les vendredis soirs, pour les heures silencieuses en auto, où aucun mot n’ose nous déranger. Je nous aime pour nos parties d’échec, pour nos sorties dans les cafés et pour nos journées en pyjama. J’aime tes pieds chauds dans le lit, les déjeuners que tu cuisines et notre salon douillet.

Mon amour, je t’aime parce qu’on s’enracine un peu plus à chaque lune qui passe, parce qu’on se tient comme si les montagnes allaient se fracasser sous nos pieds, parce que nos yeux savent se délecter de chaque parcelle de l’autre.

Mon amour, les papillons au ventre m’ont peut-être quitté, mais un feu ardent nous brûle jusqu’au sang et j’adore m’y abandonner.

 

Jessica

2 réflexions sur “Mon amour, les papillons nous quittent.

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